Le chômage n’est pas une fatalité mais il devient urgent et vital de nous réformer

2-el-khomri-960-320.jpgLe chômage n’est pas une fatalité mais il devient urgent et vital de nous réformer

S’il est un domaine où un gouvernement peut agir, c’est bien celui de l’emploi : La France connaît un taux de chômage de 10,8%. C’est le taux le plus haut depuis la deuxième guerre mondiale,  et nous sommes un des rares pays au monde où il est en hausse :  Il est de 5,6% au Royaume Uni, 4,9% aux Etats-Unis et même de 4,5% en Allemagne, notre principal partenaire économique. Nous sommes le cancre de la classe qui n’a pas su faire évoluer son code du travail.

La France n’arrive pas à se réformer principalement pour 3 raisons : d’abord par déni de réalité : nous refusons de voir le monde tel qu’il est devenu et nous continuons, comme Martine Aubry, à penser qu’il devrait être comme nous voulons qu’il soit. Ensuite par manque de courage politique : nous n’avons pas  l’homme (ou la femme) politique capable de mettre l’intérêt du pays avant le sien. Enfin, nous n’avons pas la culture de la négociation, que ce soit au niveau patronal et syndical.

Une réforme de notre code du travail est pourtant vitale et urgente et le projet de loi El Khomri, bien que présenté maladroitement, est un premier pas pour réformer notre pays dans ce domaine.

31 économistes renommés ont signé une tribune dans le quotidien « Le Monde » pour justifier cette réforme : elle explique d’abord que notre chômage se concentre sur les jeunes et les moins qualifiés : « Un chômeur sur quatre a moins de 25 ans, un sur trois n’a aucun diplôme et 80% n’ont jamais dépassé le bac » . Ces publics sont les grands perdants d’un marché du travail qui exclut les plus fragiles ou les relègue dans des emplois précaires, tant les entreprises craignent d’embaucher en CDI. Ces inégalités sont insupportables.

Le code du travail ne donne aujourd’hui aucune définition précise des difficultés économiques justifiant un licenciement et n’encadre pas non plus le montant des indemnités.  Il est devenu une source d’insécurité pour l’entreprise comme pour le salarié, car il « laisse au juge un champ d’appréciation qui va bien au-delà de ses compétences juridiques ». Les prudhommes sont devenus aussi imprévisibles que le loto : « un salarié dont l’ancienneté est entre 2 et 5 ans peut se voir proposer entre un et dix mois de salaires si son licenciement est considéré  comme fondé ». Les petites entreprises (celles qui embauchent) sont incapables d’affronter de longues périodes de contentieux juridiques car ne pouvant pas s’offrir les services de cabinets d’avocats spécialisés.

Par crainte d’embaucher en CDI, les entreprises ont massivement recours au CDD. Les CDD représentent 90% des embauches. Les jeunes ne connaissent que ce type de contrat qui, outre la précarité, propose moins de formation professionnelle, des salaires plus faibles et pénalise les accès au crédit et au logement. De plus , un salarié en CDD ne sera jamais accueilli dans l’entreprise comme un CDI ; il restera en marge des autres salariés et son implication sera mécaniquement réduite.

Ces 2 points vitaux de la réforme EL Khomri ont déjà été traités en Italie et en Espagne, deux  des trois mauvais élèves de l’Europe avec nous. En Espagne, cette réforme a été faite en 2012 et l’année suivante,  il y a eu 300 000 embauches en CDI !!!

La loi EL Khomri, représente une avancée, certes insuffisante mais indispensable : En réduisant fortement l’incertitude attachée à la rupture de contrat de travail, elle incite les entreprises à revenir vers des embauches de CDI. C’est un moyen de lutter efficacement contre les inégalités et la précarité.

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