La cyberdélinquance a augmenté de 32% cette année

La cybercriminalité est désormais « un phénomène de masse »

cyber

La cyberdélinquance au sens large a augmenté de 32 % entre 2016 et 2017 avec quelque 63 000 faits constatés en 2017, soit environ 5 000 à 6 000 par mois. Un chiffre qui illustre une hausse en soi de cette délinquance, mais aussi « les prémices d’une prise de conscience citoyenne » avec la multiplication de plaintes pour des faits auparavant pas toujours dénoncés.

Parmi les infractions les plus répandues : les escroqueries (surtout les attaques à la carte bancaire et les abus de confiance), qui représentent 67 % du total. Quelque 320 000 personnes en ont été victimes en 2017, un chiffre en hausse de 5 % par an depuis 2012.

Le piratage des ordinateurs, des téléphones portables ou de tout appareil électronique dans le but le plus souvent de voler des données  constitue néanmoins moins de 5 % des plaintes, soit environ 700 déclarations chaque mois. Mais son impact est souvent coûteux. Ces atteintes directes aux données ont augmenté de plus de 55 % entre 2016 et 2017.

Parmi les grandes tendances qui ont marqué 2017, on note aussi la chute importante, pour la deuxième année d’affilée, des signalements pour provocation ou apologie du terrorisme. Ils ne concernent plus que 4 % des alertes adressées à la plate-forme Pharos en 2017 (contre 16 % en 2015).

Les faux ordres de virement international sont aussi en nette diminution : ils ont été divisés par plus de deux, comparé à 2014, année de leur pic (autour de 800 faits commis ou tentés).

En revanche, la pédopornographie ne cesse de prendre de l’ampleur, en particulier sur le dark Web. Selon les chiffres de la gendarmerie, l’exploitation sexuelle des enfants en ligne a augmenté de 15 % par rapport à 2016, avec plus de 1 631 faits constatés en 2017 :« la diversification de l’origine des images et des vidéos, des victimes de plus en plus jeunes (notamment des nourrissons), des actes de plus en plus graves et violents, et le développement des abus sexuels à distance (“live streaming”». Pour une somme modique, il est possible d’acheter des vidéos d’agressions sexuelles commises en direct sur des mineurs. Le phénomène, cantonné autrefois aux Philippines, s’étendrait désormais à l’Europe.

A noter enfin parmi la panoplie des malveillances en hausse sur la Toile : l’essor du mécanisme du « crime as a service ». Soit la possibilité désormais de lancer des virus sur des ordinateurs choisis en passant par un prestataire. Nul besoin d’être expert en informatique. Moyennant finance, des plates-formes s’en chargent. « Le rôle du hackeur est désintermédié ».

La multiplication d’attaques directes contre les réseaux bancaires afin de prendre le contrôle des distributeurs automatiques d’argent ou des paiements Swift a aussi été constatée. « Le numérique facilite de nouveaux types de délinquance ».

 

Début juin, une plate-forme (Perceval) permettant de déposer plainte en ligne pour signaler une fraude bancaire a été déployée. Alors que ces arnaques concernant 1,2 million de personnes en France pourraient un jour ne plus être remboursées par le secteur bancaire.

Le ministère de l’intérieur a une enveloppe de 800 nouveaux postes « cyber » à ventiler d’ici à 2023 entre police et gendarmerie, renseignement et judiciaire. Leur répartition s’annonce sensible alors que les meilleurs profils sont extrêmement chassés, avec parfois une concurrence au sein même des services de l’Etat.

EXTRAIT DU JOURNAL LE MONDE

 

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