En matière d’investissements étrangers, la France est de retour!

attractivité.jpgEn matière d’investissements étrangers, la France est de retour. Après une longue période critique, elle est en train de rattraper le retard pris sur le Royaume-Uni et l’Allemagne, et recolle au peloton de tête européen.

La hausse atteint 70 % en deux ans, un mouvement beaucoup plus marqué qu’en Allemagne (+ 18 % depuis 2015) et au Royaume-Uni (+ 13 %).

Résultat, si le haut du classement européen reste inchangé, l’écart s’est nettement resserré. Le Royaume-Uni domine toujours, avec 18 % des investissements internationaux mais l’Allemagne le suit de très près, avec 17 % du total, et la France n’est plus très loin (15 %). La France est notamment revenue dans la course en ce qui concerne les sièges sociaux.

Pour la première fois, Paris est même jugée la métropole la plus attractive d’Europe, devant Londres et Berlin, selon un échantillon de 502 dirigeants internationaux sondés pour le cabinet d’audit EY en janvier.

Le phénomène tient avant tout à la nouvelle force de séduction de la France. Les réformes engagées depuis le milieu du mandat de François Hollande pour redresser la compétitivité des entreprises, puis celles lancées par Emmanuel Macron, notamment en droit du travail, ont modifié cette image. « La perception de la France comme pays d’implantation n’a jamais été aussi positive au cours des dix dernières années »

Extrait d’un article du Monde de Denis Cosnard

« Pour redresser les exportations françaises, les PME doivent s’appuyer sur des entrepreneurs qui savent déjà vendre dans le pays visé »

export3Dans une tribune au « Monde », Etienne Vauchez, président de l’OSCI, estime que les mauvais chiffres du commerce extérieur français ne seront corrigés que si les PME françaises montent en compétences en utilisant les réseaux professionnels.

Ce que sait toute personne qui a déjà travaillé dans une ­entreprise exportatrice – et que corroborent les études académiques menées à ce sujet –, c’est que le premier facteur de succès ou d’échec d’une entreprise à l’export est la plus ou moins grande compétence qu’elle déploie dans son développement international : la qualité des équipes qu’elle y affecte, de sa stratégie internationale, de son marketing, de son service après-vente, etc. ; et ce, avant même la qualité ou le prix de son produit.

LES PME DOIVENT S’APPUYER SUR LES COMPÉTENCES D’AUTRES ENTREPRISES QUI SAVENT DÉJÀ VENDRE DANS LE PAYS VISÉ

Or, en France, on pense souvent que pour exporter davantage il suffit de projeter massivement les PME sur des salons internationaux ou dans des missions de prospection pour qu’elles réussissent à vendre toutes seules. Mais combien de PME françaises ont réellement en leur sein les compétences capables de créer la ­confiance requise pour vendre à des acheteurs coréens, indonésiens ou brésiliens ?

Comment les PME peuvent-elles ­déployer davantage de compétences dans leur prospection export alors qu’elles n’ont souvent pas les moyens d’investir dans une véritable équipe export ? Tout simplement en s’appuyant sur les compétences d’autres entreprises qui savent déjà vendre dans le pays visé : une PME allemande qui veut se développer dans un pays utilisera en priorité les services d’agents export allemands ou de ­sociétés de commerce allemandes qui y vendent déjà ; les Italiens collaborent entre exportateurs, c’est-à-dire qu’ils chercheront à trouver une autre entreprise italienne qui vend déjà sur le marché visé et pourrait les aider à y placer leurs produits. Les PME de ces pays réduisent ainsi leur temps d’apprentissage des nouveaux marchés et ont un taux de réussite plus élevé.

 Etablir des règles

Jusqu’à présent, l’Etat français a misé sur des actions de projection des PME sur les marchés export ; pour cela, il a fait confiance aux services économiques des ambassades, puis à Business France, aux régions, aux chambres de commerce. Les objectifs (nombre d’entreprises projetées, nombre de « volontaires internationaux en entreprise » placés, etc.) ont en général été atteints, mais sans véritable impact sur les exportations des PME françaises. Pire, ces différents acteurs publics sont devenus concurrents entre eux, de sorte qu’aujourd’hui le gouvernement est obligé de réorganiser le millefeuille du dispositif public.

Mais une simple réorganisation n’aura pas d’impact significatif sur les exportations françaises, car elle ­concerne des opérateurs publics qui, par nature, ne peuvent ni renforcer les compétences export au sein des ­entreprises ni accompagner ces dernières jusqu’à vendre durablement dans les pays ciblés.

 

Pour redresser les exportations françaises, il faut articuler ressources ­publiques et solutions privées, qui permettront la transformation internationale des PME françaises ; inciter ces dernières à se rapprocher d’entrepreneurs français qui savent déjà vendre dans le pays visé – agents export, responsables export à temps partagé, sociétés de commerce international, consultants animant des groupements d’exportateurs ; mieux définir ce que doit faire le dispositif public, et, en application du principe de subsidiaritéce qu’il ne doit pas faire quand l’offre privée est plus efficace (et dans ce cas, flécher les exportateurs vers cette offre) ; piloter le dispositif public selon un principe de stricte spécialisation des acteurs publics ; laisser la concurrence régir l’évolution du secteur privé, sans chercher à y créer de biais.

Une fois ces règles bien établies émergera un écosystème vraiment favorable à l’internationalisation des PME qui, alliant compétences et financements, nous permettra de réussir sur le terrain de l’exportation, à l’instar de ce qui a été fait pour l’innovation.

Etienne Vauchez est président du think tank La Fabrique de l’Exportation, président des Opérateurs spécialisés du commerce international (OSCI), fédération professionnelle des sociétés d’accompagnement de gestion export et de commerce international.

LE MONDE | 09.02.2018 à 14h00

A la Réunion, nous pourrions nous appuyer sur le réseau des Conseillers du Commerce Extérieur de la France qui font partie d’un réseau de 4500 conseillers présents dans 150 pays.

 

L’Europe aide Maurice dans le Digital

europe3

L’Europe aide Maurice dans le Digital

Maurice cherche l’appui de l’Europe pour accélérer la modernisation des services publics
Le ministre des Affaires Etrangères mauricien, M. Vishnu Lutchmeenaraidoo, vient de participer à un Conseil des ministres des ACP à Bruxelles. En marge de cette réunion, le ministre s’est entretenu avec M. Andrus Ansip, le Vice-président pour le Digital Single Market et le Digital for Development Agenda de la Commission Européenne. Les discussions ont porté sur un projet d’assistance européenne pour la mise en ligne des services publics mauriciens et ce, dans le cadre des fonds européens disponibles pour les infrastructures numériques et le programme Digital entrepreneurship en Afrique.
 hugues.reydet@dgtresor.gouv.fr

Puissent nos voisins mauriciens faire appel aux entreprises digitales de la Réunion pour les aider dans leur projet … juste retour des choses…

Claude Bessac pousse les entreprises réunionnaises à définir elles-mêmes leur stratégie à l’International

Bessac.png

Le Club Export Réunion, en partenariat avec la Région Réunion et la Maison de l’Export, a organisé une table ronde placée sous le thème :

« L’internationalisation – une approche stratégique logique ».

Les échanges au sein des chaînes de valeur différent des échanges traditionnels et appellent de nouveaux indicateurs, 1/3 des échanges relèvent d’une dynamique non marchande incluant la part des services exportés. Le développement international de nos entreprises réunionnaises est en pleine mutation.Nos représentations évoluent, la définition de l’export invite à une réflexion collective partagée.Comment tirer profit de notre avantage comparatif dans les chaines de valeur régionales ?

Claude BAISSAC, PDG de la société EUNOMIX, spécialiste reconnu de la stratégie, de la gestion des risques et de la politique économique en Afrique, apportera son expertise afin d’identifier ensemble un écosystème export favorable à la mise en oeuvre d’une offre régionale combinée.

Pour Claude Bessac, La Réunion est à la croisée des chemins. Elle reste une économie de rente mais pour combien de temps encore?

Les entreprises réunionnaises ne doivent pas attendre de leurs élus une stratégie à l’export : elles doivent elles-mêmes s’organiser, définir leur offre et leur projet avant d’entraîner les élus.

Les Assises de 2017 auront-elles plus de succès que Etats Généraux de 2009?

Lest Etats Généraux des Outre-Mer (EGOM) ont eu lieu en 2009. Le gouvernement nous propose à nouveau de réfléchir sur l’avenir de nos départements d’Outre-mer. On parle aujourd’hui des Assises de l’Outre-Mer.

Après avoir travaillé en 2009 sur l’intégration de la Réunion dans son environnement régional, les Assises de 2017 nous proposent d’échanger, dans son atelier 6, sur les moyens d’engager une véritable politique d’influence régionale, comme si notre ambition s’était soudain réduite …

Pourtant les discussions ont été fructueuses et ont débouché sur des mesures concrètes et applicables rapidement, puissions-nous être écoutés cette fois-ci…

L’atelier 6 a proposé :

Mise en réseau des acteurs réunionnais à l’International

  • création d’un think tank international
  • création d’un outil de coordination de l’action à l’international
  • application concrète de la Loi Letchimy du 7/12/2016
  • installation de l’Ambassadeur délégué OI à La Réunion
  • Développement d’un réseau diplomatique régional
  • insertion de la Réunion dans les postes diplomatiques français et soutien de l’adhésion de la France pour La Réunion à des organisations internationales
  • Connaissance des pays cibles
  • Réalisation d’études concrètes sur le profil économique et culturel de chaque pay

Accroître l’attractivité et la notoriété de La Réunion

  • Création d’une cellule de coordination de l’accueil des délégations étrangères
  • Réalisation de manifestations internationales d’envergure dans les domaines culturels, sportifs, scientifiques :
    • La Réunion, Capitale européenne de la culture 
    • Sommet de la francophonie
    • COP 24
    • Sommet de l’Alliance solaire international

Création d’un offre Réunion

  • Construction d’une offre réunionnaise à l’export articulée autour :
  • Entreprises /initiative
    • Propositions : identification/qualification/ accompagnement des entreprises
  • Formation/recherche
    • Préfiguration Université fédérative de l’océan Indien
      • mise en réseau d’une offre ciblée de formation et de recherche
      • aide au développement de filières cibles (énergie, agro-alimentaire, santé, TICE, architecture tropicale..)
      • création de chaires professionnelles (partenariats université/entreprises privées)
    • Construction d’une politique fiscale incitative en faveur
      • du développement de l’économie du savoir
      • du logement étudiant
    • Amplification des programmes de mobilité et création de nouveaux programmes
      • Amplification du programme Volontariats
      • Création de contrats de coopération marchands et non marchands
      • Création d’un « ERASMUS OI » : Etudes/stages
      • Mise en place d’un parrainage d’étudiant-e-s stagiaires par des entreprises (exemple de TOTAL) et mise en réseau des offres de stages à l’export ou l’étranger

 

 

Visite d’un ambassadeur

Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur Christophe Farnaud est arrivé en Afrique du Sud en Janvier 2017. Il succède à Mme Elisabeth Barbier en qualité d’Ambassadeur de France et du Lesotho.

Christophe Farnaud est venu rencontrer les chefs d’entreprise de la Réunion pour les inciter à venir développer leurs affaires en Afrique du Sud.

Les discussions très pragmatiques ont permis d’envisager de :

  1. Créer un lien avec le comité des CCEF d’Afrique du Sud pour que nous puissions échanger régulièrement sur les affaires dans nos territoires respectifs.
  2. Lancer une étude, à l’instar de celle réalisée sur les relations Réunion/Maurice, pour déterminer les principaux freins aux échanges économiques entre la Réunion et l’Afrique du Sud et surtout de faire des suggestions pragmatiques pour les atténuer.
  3. Travailler avec les services diplomatiques pour que les documents fassent systématiquement mention de la Réunion sur les cartes.
  4. Mettre en place un dispositif pour mieux anticiper les visites officielles gouvernementales ou/et officielles pour que les entreprises réunionnaises soient présentes dans ces rendez-vous importants.
  5. Imaginer des solutions de « portage » qui orienteraient les entreprises françaises présentes en Afrique du Sud à travailler avec des sous-traitants de la Réunion avant de se tourner vers la métropole.

5888e2025901d53a-a3581

Un ambassadeur à la Réunion

ambassadeur maurice

Le nouvel ambassadeur de France à Maurice, Emmanuel COHET, arrivé il y a à peine 2 mois dans l’île soeur, a rencontré les acteurs du monde économique qui opèrent à l’extérieur de la Réunion, et notamment ceux en lien avec notre voisin mauricien.

Il a tenu à rencontrer les CCEF de la Réunion qui viennent de  finaliser leur étude sur les relations économiques entre Maurice et la Réunion.

D’emblée, il se montre optimiste sur les possibilités de la Réunion quant à nouer un véritable partenariat gagnant-gagnant avec Maurice. Il voit de nombreux atouts dans la technicité réunionnaise, notamment dans l’application des normes européennes à la Réunion.

Il souhaite revaloriser la plate-forme Réunion-Maurice et convaincre l’Université de la Réunion de s’associer au projet d’une Université de l’Océan Indien avec l’implication de la Réunion.

Il souhaite mettre tout son poids pour aider au développement de la Réunion, seul département français dans l’Océan Indien.

Il nous donne d’ores et déjà  rendez-vous pour les festivités du 12 mars 2018 pour les 50 ans de l’indépendance de l’Île Maurice

Madagascar est le seul pays qui s’appauvrit depuis soixante ans sans avoir connu la guerre « 

Selon les chercheurs Mireille Razafindrakoto, François Roubaud et Jean-Michel Wachsberger, les espoirs d’amélioration des conditions de vie de la population malgache, déjà l’une des plus pauvres du monde, semblent ténus

Mireille Razafindrakoto, François Roubaud et Jean-Michel Wachsberger, tous trois rattachés au centre de recherche Développement, institutions et mondialisation (DIAL), ont tenté de comprendre l' » énigme  » malgache. -Madagascar est en effet le pays n’ayant subi aucun conflit majeur à s’être appauvri depuis son indépendance, en  1960. Dans leur ouvrage L’Enigme et le paradoxe. Economie politique de Madagascar (IRD Editions, 280 p., 32 euros), les trois chercheurs livrent quelques pistes de compréhension. Une certitude ressort : les élections de 2013, qui ont  porté Hery Rajaonarimampianina au pouvoir, n’ont rien changé à  » la donne struc-turelle de l’équation malgache. Le déclen-chement d’une nouvelle crise peut intervenir à tout moment « .

En quoi l' » énigme  » malgache que vous avez identifiée consiste-t-elle ?

François Roubaud : Parmi les pays en voie de développement, Madagascar a suivi une trajectoire singulière. Depuis près de soixan-te ans, l’île n’a cessé de s’appauvrir, et rien ne semble pouvoir inverser cette tendance. Le revenu par habitant est inférieur d’un tiers à ce qu’il était au moment de l’indépendance alors que, dans le même temps, il a été multiplié par trois dans les pays d’Afrique sub-saharienne, dont les performances sont pourtant loin d’être mirobolantes. Si l’on compare la situation avec celle de pays tels que la Côte d’Ivoire, le Cameroun, ————le -Bénin ou le Burkina Faso, on constate que Madagascar s’est fait distancer économiquement, y compris par ceux qui sont moins riches en ressources naturelles. Cette récession n’est pas continue sur la période ; à de nombreuses reprises, une ébauche de décollage a semblé possible, mais à chaque fois elle s’est soldée par une crise majeure.

Comment expliquer ce phénomène ?

F. R. : C’est là que le mystère malgache s’épaissit : aucun des facteurs qui expliquent habituellement l’échec d’un pays ne transparaît. Madagascar a exploré la plupart des politiques économiques – du  » socialisme à la malgache « , dans les années 1970, aux politiques d’ajustement structurel dans les années 1990, en passant par la lutte contre la pauvreté sous l’impulsion des bailleurs internationaux. L’île n’est pas dépourvue de ressources naturelles ; elle n’est pas plus exposée que ses voisins aux aléas climatiques ; et sa courbe démographique est similaire à -celles des pays de la région. Son système éducatif est plutôt meilleur. Elle n’a pas connu de -conflit majeur, et les oppositions ethniques qui, ailleurs, peuvent alimenter les crises, ne sont pas marquées. Dans aucun autre pays africain, hormis la Tanzanie, le sentiment d’identité nationale ne l’emporte autant sur l’identité ethnique. En outre, les indicateurs de gouvernance sont comparables à ceux du reste du continent africain.

Les élites locales concourent-elles à cette exception malgache ?

F. R. :A Madagascar règne une économie de rapine, avec des rentes faciles à prélever sur les ressources naturelles, l’aide extérieure, l’Etat… Au sommet, il y a le président de la  République – Hery Rajaonarimampianina, 59 ans, en fonction depuis 2014 – et son clan, ceux que nous appelons les  » hyper-élites « , soit environ 10 000 personnes sur une -population de 25  millions d’habitants. Ces – » gagnants  » prennent tout. D’autres pays africains fonctionnent de cette manière, mais, à Madagascar, ces élites peu organisées, attachées à un ordre établi qui les maintient au sommet, ne veulent pas voir grossir le gâteau qu’elles se partagent. Cela engendre un Etat qui ne s’étoffe pas, qui ne cherche pas à prélever plus de richesses pour dépenser plus, ainsi qu’une forme de refus de l’aide internationale…

Dans ce monde de l’entre-soi, où chacun cumule des positions de pouvoir économique, politique, voire religieux, faire grossir le gâteau comporte le risque de voir de nouvelles personnes entrer dans ce microcosme et, au final, d’avoir peut-être plus à perdre qu’à gagner. En cela, l’attitude des élites est l’un des éléments du blocage malgache.

La faible capacité de mobilisation sociale apparaît comme une autre particularité.

Mireille Razafindrakoto : La structure sociale à Madagascar et l’atrophie des corps -intermédiaires – partis politiques, syndicats, ONG – expliquent la faiblesse des forces poussant au changement. Les classes moyennes ont été laminées par des récessions répétées et la diminution du nombre de fonctionnaires. Les travailleurs du secteur informel sont marginalisés, et les paysans, dispersés sur tout le territoire, vivent à l’écart des espaces urbains. Les inégalités de statut héritées des royaumes en place avant la colonisation demeurent, même si elles ont officiellement été abolies au XIXe  siècle. Cette différenciation entre les individus –  selon que leur famille appartient à la  » caste  » des anciens esclaves, des roturiers ou des nobles – entretient le fatalisme, d’autant plus que perdure un rapport quasi filial à l’Etat. Les Malgaches, comme l’ont montré plusieurs enquêtes, sont l’un des peuples les moins enclins à demander des comptes à leurs gouvernants, car l’Etat est auréolé d’un caractère sacré. L’autorité et le prestige dont ce dernier jouit, quoi qu’il fasse, justifient cette forme d’acceptation.

Comment expliquer que le peuple -malgache se résigne à endurer son sort ?

Jean-Michel Wachsberger : Il est intéressant d’observer que Madagascar est à la fois un pays où la violence est faible – si on le compare à d’autres pays africains – et celui où  la peur de la violence est maximale. La condamnation de toute violence physique, et donc le  » tabou de la violence « , sont fortement ancrés dans la société. Ce tabou participe de cette acceptation du peuple malgache à encaisser les dérives de ceux qui  détiennent les pouvoirs politique et économique.

Néanmoins, des crises éclatent -sporadiquement pour tenter ————de– –balayer le pouvoir en place.

J.-M. W. : Les phases de croissance font naître des aspirations dans la population, qui réclame alors davantage de redistribution. Mais, comme il n’existe pas de corps intermédiaires capables de porter ces revendications, le mécontentement est capté et instrumentalisé par une faction de l’élite qui n’occupe pas le pouvoir. La déstabilisation du pouvoir en place est d’autant plus facile qu’aucun clan ne peut se prévaloir d’un soutien de l’armée ou ne possède de milices. Il peut donc suffire de mettre dans la rue quelques hommes armés ou d’obtenir le soutien d’une petite partie des forces militaires pour chasser un président et le remplacer par un autre qui perpétuera le système. C’est exactement ce qui s’est produit au moment du départ de Marc Ravalomanana en  2009. La -conjugaison du  » tabou de la violence « , de l’atomisation de la société et du respect de l’autorité fait qu’une crise socio-politique peut être facilement déclenchée et conduire à un renversement du pouvoir avec des moyens dérisoires.

Vous attribuez une part de la responsa-bilité de l’échec malgache aux bailleurs internationaux. Pourquoi ?

F. R. : La période des plans d’ajustement structurel, qui a duré près de deux décennies dans les années 1980-1990, a abouti à une entreprise systématique de destruction de l’Etat et de décrédibilisation des fonctionnaires. L’administration malgache est l’une des plus petites du monde, et le taux d’administration, c’est-à-dire le nombre d’agents de l’Etat par rapport à la population totale, est le seul en Afrique qui continue à régresser. Les bailleurs ont par ailleurs eu tendance à se montrer complaisants avec les gouvernements dès lors que le pays affichait un peu de croissance. Le second mandat (2006-2009) de Marc Ravalomanana est  en cela emblématique : la croissance a jus-tifié de fermer les yeux sur la prise de contrôle par le clan Ravalomanana de pans entiers de l’économie. La situation actuelle n’est pas très différente. Lerapport économique du Fonds monétaire international (FMI) – publié en septembre – ne se soucie pas de savoir à qui profite cette croissance. Or les attentes de la population sont toujours là, la crise de gouvernance, l’appétit des factions qui ne sont pas au pouvoir aussi. Nous sommes à un an des prochaines élections – prévues à l’été 2018 – sans que ces questions aient été résolues.

Vous dites que l’arrêt de l’aide inter-nationale en  2009 pour sanctionner la  prise —de pouvoir par Andry Rajoelina a  précipité le basculement de l’économie vers des -réseaux souterrains.

F. R. : Les trafics en tout genre (bois précieux, saphirs…) ont explosé. Et cela a suivi la suspension de l’aide internationale. La population malgache dont on sait la pauvreté a donc subi une double peine : supporter un gouvernement qu’elle n’avait pas choisi et être privée de soutien extérieur pour ses -besoins les plus élémentaires. Aujourd’hui, les trafics sont installés et constituent un nouveau fléau du drame malgache.

Ne voyez-vous aucun signe d’espoir dans  l’émergence de mouvements de  la  société civile comme Wake Up ou  la  mobilisation des magistrats pour  exiger le respect -de l’indépendance de la justice ?

M. R. : Des ferments de mobilisation existent, mais ils sont toujours issus des élites malgaches et ne parviennent pas à s’élargir au reste de la société.La population est écrasée par des conditions de vie d’une dureté qui laisse peu de place pour penser à autre chose qu’à sa survie quotidienne. Il est même extraordinaire que, dans ce contexte, il existe encore des velléités citoyennes.

propos recueillis par LAURENCE CARAMEL (le Monde daté du 19 novembre 2017)

PREMIER GRAND PRIX V.I.E / V.I.A OCEAN INDIEN

ccef1.jpg

Le lancement du Grand Prix V.I.E/V.I.A Réunion a eu lieu ce mercredi 15 novembre 2017 à l’hôtel Boucan-Canot en présence des CCEF, de la Région, de Business France, de la DIECCTE, de BPI France, du Club Export, de la Maison de l’export, de l’AFD, de la Chambre de commerce et d’industrie notamment.

Les Conseillers du Commerce extérieur de la France (CCEF) de Madagascar, Maurice, Mayotte et Réunion lancent la première édition du Grand prix V.I.E/V.I.A (volontaire international en entreprise ou administration). Ce concours est ouvert à tous les V.I.E/V.I.A en poste au 1er novembre 2017 dans les îles de l’océan Indien : Comores, Madagascar, Maurice, Mayotte, Seychelles, mais également aux V.I.E/V.I.A présents dans la zone océan Indien/Afrique dont l’employeur est basé à la Réunion.
Les dossiers des candidats au Grand Prix (une note de présentation ainsi qu’film vidéo de 10 minutes maximum mettant en avant la mission du candidat) doivent être déposés avant le 15 mars 2018 sur GP2018@ccef-oi.org.

Deux prix plus un prix spécial du jury seront attribués en avril 2018 avec à la clé un chèque offert par les sections des CCEF. Le jury sera composé de 15 membres des sections des CCEF Madagascar, Maurice, Mayotte et Réunion, de représentants des services économiques des ambassades de France, de la DIECCTE pour la Réunion et de Business France. Les critères évalués seront la qualité, la clarté et la présentation des dossiers.
A propos des V.I.E/V.I.A – le dispositif s’adresse à des jeunes de 18 à 28 ans effectuant à l’étranger, au sein d’une entreprise française/réunionnaise, une mission commerciale, technique ou support d’une durée de 6 à 24 mois.
A propos des CCEF – A la Réunion, 18 chefs d’entreprises, nommés par décret par le Premier ministre pour un mandat à titre bénévole de trois ans renouvelable, constitue le Comité de la Réunion, présidé par Bruno Millot ; une de leurs missions est notamment d’assurer la promotion des V.I.E / V.I.A.

CCEF2.jpg