Le SBA en exposition

La CINOR et le TCO sont signataires de la convention SBA, conclue avec l’Association SBA. Ces établissements se sont engagés dans ce cadre à mettre en place des actions visant à promouvoir le développement économique local via la commande publique.

L’une des actions fortes imaginées cette année est l’organisation d’un Salon des Savoir-faire professionnels et des proximités qui a eu lieu le 17 novembre au parc expobat de Saint-Paul.

Les entreprises locales de différentes filières (BTP, Agro-alimentaire, NTIC, filières vertes, etc…) sont venues présenter leurs procédés, produits ou services à tous les acheteurs publics ou semi-publics (Elus et agents des Collectivités, CCAS, SEM, Groupes Hospitaliers, etc…) ainsi qu’à tout professionnel désireux de nouer des partenariats économiques. Les objectifs :

– Valoriser les produits et savoir faire locaux

– Développer les circuits courts d’approvisionnement

– Favoriser le recours aux procédés innovants et aux produits à moindre impact

environnemental

– Promouvoir des politiques d’achat socialement et écologiquement responsables

– Appuyer le développement quantitatif et qualitatif de ces activités et susciter de nouveaux partenariats .

Ce salon a ainsi permis de sourcer au mieux pour les besoins soit pour la réalisation de travaux, pour l’approvisionnement en denrées locales pour la restauration scolaire, pour le déploiement de nouvelles technologies dans le numérique, pour le recours à des procédés et produits plus respectueux de l’environnement, ou encore pour développer des marchés « socialement responsables » en partenariat avec les acteurs sociaux.

Une convention a été signée entre la CINOR et l’association SBA

Madagascar est le seul pays qui s’appauvrit depuis soixante ans sans avoir connu la guerre « 

Selon les chercheurs Mireille Razafindrakoto, François Roubaud et Jean-Michel Wachsberger, les espoirs d’amélioration des conditions de vie de la population malgache, déjà l’une des plus pauvres du monde, semblent ténus

Mireille Razafindrakoto, François Roubaud et Jean-Michel Wachsberger, tous trois rattachés au centre de recherche Développement, institutions et mondialisation (DIAL), ont tenté de comprendre l' » énigme  » malgache. -Madagascar est en effet le pays n’ayant subi aucun conflit majeur à s’être appauvri depuis son indépendance, en  1960. Dans leur ouvrage L’Enigme et le paradoxe. Economie politique de Madagascar (IRD Editions, 280 p., 32 euros), les trois chercheurs livrent quelques pistes de compréhension. Une certitude ressort : les élections de 2013, qui ont  porté Hery Rajaonarimampianina au pouvoir, n’ont rien changé à  » la donne struc-turelle de l’équation malgache. Le déclen-chement d’une nouvelle crise peut intervenir à tout moment « .

En quoi l' » énigme  » malgache que vous avez identifiée consiste-t-elle ?

François Roubaud : Parmi les pays en voie de développement, Madagascar a suivi une trajectoire singulière. Depuis près de soixan-te ans, l’île n’a cessé de s’appauvrir, et rien ne semble pouvoir inverser cette tendance. Le revenu par habitant est inférieur d’un tiers à ce qu’il était au moment de l’indépendance alors que, dans le même temps, il a été multiplié par trois dans les pays d’Afrique sub-saharienne, dont les performances sont pourtant loin d’être mirobolantes. Si l’on compare la situation avec celle de pays tels que la Côte d’Ivoire, le Cameroun, ————le -Bénin ou le Burkina Faso, on constate que Madagascar s’est fait distancer économiquement, y compris par ceux qui sont moins riches en ressources naturelles. Cette récession n’est pas continue sur la période ; à de nombreuses reprises, une ébauche de décollage a semblé possible, mais à chaque fois elle s’est soldée par une crise majeure.

Comment expliquer ce phénomène ?

F. R. : C’est là que le mystère malgache s’épaissit : aucun des facteurs qui expliquent habituellement l’échec d’un pays ne transparaît. Madagascar a exploré la plupart des politiques économiques – du  » socialisme à la malgache « , dans les années 1970, aux politiques d’ajustement structurel dans les années 1990, en passant par la lutte contre la pauvreté sous l’impulsion des bailleurs internationaux. L’île n’est pas dépourvue de ressources naturelles ; elle n’est pas plus exposée que ses voisins aux aléas climatiques ; et sa courbe démographique est similaire à -celles des pays de la région. Son système éducatif est plutôt meilleur. Elle n’a pas connu de -conflit majeur, et les oppositions ethniques qui, ailleurs, peuvent alimenter les crises, ne sont pas marquées. Dans aucun autre pays africain, hormis la Tanzanie, le sentiment d’identité nationale ne l’emporte autant sur l’identité ethnique. En outre, les indicateurs de gouvernance sont comparables à ceux du reste du continent africain.

Les élites locales concourent-elles à cette exception malgache ?

F. R. :A Madagascar règne une économie de rapine, avec des rentes faciles à prélever sur les ressources naturelles, l’aide extérieure, l’Etat… Au sommet, il y a le président de la  République – Hery Rajaonarimampianina, 59 ans, en fonction depuis 2014 – et son clan, ceux que nous appelons les  » hyper-élites « , soit environ 10 000 personnes sur une -population de 25  millions d’habitants. Ces – » gagnants  » prennent tout. D’autres pays africains fonctionnent de cette manière, mais, à Madagascar, ces élites peu organisées, attachées à un ordre établi qui les maintient au sommet, ne veulent pas voir grossir le gâteau qu’elles se partagent. Cela engendre un Etat qui ne s’étoffe pas, qui ne cherche pas à prélever plus de richesses pour dépenser plus, ainsi qu’une forme de refus de l’aide internationale…

Dans ce monde de l’entre-soi, où chacun cumule des positions de pouvoir économique, politique, voire religieux, faire grossir le gâteau comporte le risque de voir de nouvelles personnes entrer dans ce microcosme et, au final, d’avoir peut-être plus à perdre qu’à gagner. En cela, l’attitude des élites est l’un des éléments du blocage malgache.

La faible capacité de mobilisation sociale apparaît comme une autre particularité.

Mireille Razafindrakoto : La structure sociale à Madagascar et l’atrophie des corps -intermédiaires – partis politiques, syndicats, ONG – expliquent la faiblesse des forces poussant au changement. Les classes moyennes ont été laminées par des récessions répétées et la diminution du nombre de fonctionnaires. Les travailleurs du secteur informel sont marginalisés, et les paysans, dispersés sur tout le territoire, vivent à l’écart des espaces urbains. Les inégalités de statut héritées des royaumes en place avant la colonisation demeurent, même si elles ont officiellement été abolies au XIXe  siècle. Cette différenciation entre les individus –  selon que leur famille appartient à la  » caste  » des anciens esclaves, des roturiers ou des nobles – entretient le fatalisme, d’autant plus que perdure un rapport quasi filial à l’Etat. Les Malgaches, comme l’ont montré plusieurs enquêtes, sont l’un des peuples les moins enclins à demander des comptes à leurs gouvernants, car l’Etat est auréolé d’un caractère sacré. L’autorité et le prestige dont ce dernier jouit, quoi qu’il fasse, justifient cette forme d’acceptation.

Comment expliquer que le peuple -malgache se résigne à endurer son sort ?

Jean-Michel Wachsberger : Il est intéressant d’observer que Madagascar est à la fois un pays où la violence est faible – si on le compare à d’autres pays africains – et celui où  la peur de la violence est maximale. La condamnation de toute violence physique, et donc le  » tabou de la violence « , sont fortement ancrés dans la société. Ce tabou participe de cette acceptation du peuple malgache à encaisser les dérives de ceux qui  détiennent les pouvoirs politique et économique.

Néanmoins, des crises éclatent -sporadiquement pour tenter ————de– –balayer le pouvoir en place.

J.-M. W. : Les phases de croissance font naître des aspirations dans la population, qui réclame alors davantage de redistribution. Mais, comme il n’existe pas de corps intermédiaires capables de porter ces revendications, le mécontentement est capté et instrumentalisé par une faction de l’élite qui n’occupe pas le pouvoir. La déstabilisation du pouvoir en place est d’autant plus facile qu’aucun clan ne peut se prévaloir d’un soutien de l’armée ou ne possède de milices. Il peut donc suffire de mettre dans la rue quelques hommes armés ou d’obtenir le soutien d’une petite partie des forces militaires pour chasser un président et le remplacer par un autre qui perpétuera le système. C’est exactement ce qui s’est produit au moment du départ de Marc Ravalomanana en  2009. La -conjugaison du  » tabou de la violence « , de l’atomisation de la société et du respect de l’autorité fait qu’une crise socio-politique peut être facilement déclenchée et conduire à un renversement du pouvoir avec des moyens dérisoires.

Vous attribuez une part de la responsa-bilité de l’échec malgache aux bailleurs internationaux. Pourquoi ?

F. R. : La période des plans d’ajustement structurel, qui a duré près de deux décennies dans les années 1980-1990, a abouti à une entreprise systématique de destruction de l’Etat et de décrédibilisation des fonctionnaires. L’administration malgache est l’une des plus petites du monde, et le taux d’administration, c’est-à-dire le nombre d’agents de l’Etat par rapport à la population totale, est le seul en Afrique qui continue à régresser. Les bailleurs ont par ailleurs eu tendance à se montrer complaisants avec les gouvernements dès lors que le pays affichait un peu de croissance. Le second mandat (2006-2009) de Marc Ravalomanana est  en cela emblématique : la croissance a jus-tifié de fermer les yeux sur la prise de contrôle par le clan Ravalomanana de pans entiers de l’économie. La situation actuelle n’est pas très différente. Lerapport économique du Fonds monétaire international (FMI) – publié en septembre – ne se soucie pas de savoir à qui profite cette croissance. Or les attentes de la population sont toujours là, la crise de gouvernance, l’appétit des factions qui ne sont pas au pouvoir aussi. Nous sommes à un an des prochaines élections – prévues à l’été 2018 – sans que ces questions aient été résolues.

Vous dites que l’arrêt de l’aide inter-nationale en  2009 pour sanctionner la  prise —de pouvoir par Andry Rajoelina a  précipité le basculement de l’économie vers des -réseaux souterrains.

F. R. : Les trafics en tout genre (bois précieux, saphirs…) ont explosé. Et cela a suivi la suspension de l’aide internationale. La population malgache dont on sait la pauvreté a donc subi une double peine : supporter un gouvernement qu’elle n’avait pas choisi et être privée de soutien extérieur pour ses -besoins les plus élémentaires. Aujourd’hui, les trafics sont installés et constituent un nouveau fléau du drame malgache.

Ne voyez-vous aucun signe d’espoir dans  l’émergence de mouvements de  la  société civile comme Wake Up ou  la  mobilisation des magistrats pour  exiger le respect -de l’indépendance de la justice ?

M. R. : Des ferments de mobilisation existent, mais ils sont toujours issus des élites malgaches et ne parviennent pas à s’élargir au reste de la société.La population est écrasée par des conditions de vie d’une dureté qui laisse peu de place pour penser à autre chose qu’à sa survie quotidienne. Il est même extraordinaire que, dans ce contexte, il existe encore des velléités citoyennes.

propos recueillis par LAURENCE CARAMEL (le Monde daté du 19 novembre 2017)

Restitution de l’Etude Réelle à la CINOR

Près d’une centaine de responsables socio-économiques sont rassemblés ce matin à la CINOR pour s’approprier les conclusions de l’Etude Réelle (Re-Enraciner l’Économie LocaLE) et mettre en perspective les pistes d’action pour la Réunion.

L’ambition de la DIECCTE et de la CPME qui ont commandé cette étude au cabinet UTOPIES est aussi d’utiliser un catalogue de marchés potentiels locaux, de commencer à identifier des secteurs prioritaires et de dessiner les prochaines étapes stratégiques.

Lancement de RUN IN TECH 4

rit4.jpegConférence de presse hier au « Village By CA » où aura lieu le prochain RUN IN TECH, 4ème du nom !

Le nombre maximum d’exposants est déjà atteint et les organisateurs, Stor-Solutions et Le Village by CA attendent 1000 entreprises pour faire découvrir les innovations « péi ». Cette année, pour la première fois, des entreprises de métropole ont fait le déplacement pour être présente à l’événement.

De nombreuses innovations sont à découvrir, comme la domotique pilotée uniquement à partir d’une photo de sa maison, de la réalité virtuelle en temps réelle, un véhicule électrique rechargé de façon originale, un « fire trace » qui éteint les incendies dans des armoires informatiques en conservant l’outil, des outils d’animation de conférence et de gestion d’événements…

Venez nombreux, c’est gratuit!!!

inscription au RUN IN TECH

 

 

La sur-rémunération n’est plus justifiée selon la Cour des Comptes

Pour la cour des comptes, le paradoxe des collectivités d’Outre mer est que, malgré des ressources supérieures à celles de la métropole, leurs finances continuent de se détériorer : à peine un tiers, ont une situation saine.

L’octroi de mer et la taxe spéciale sur les carburants représentent à La Réunion 15,7% des recettes de fonctionnement. En revanche, les produits des impôts directs locaux y sont proportionnellement moins importants, en raison de l’étroitesse des bases fiscales (nombreuses exonérations et recensement déficient des bases cadastrales). Bien que le taux de la taxe d’habitation soit de 21,4  % à La Réunion (contre une moyenne nationale de 12,9  %), et ceux de la taxe foncière de 30,6  % (contre une moyenne nationale de  14,2  % en metropole).

Les charges de personnel, elles, pèsent très lourdement dans les comptes des collectivités. Elles représentent de 65,1  % des charges de fonctionnement à la Réunion (contre 53,4  % en France métropolitaine). Deux facteurs y concourent : la majoration de traitement des fonctionnaires et les sureffectifs. La Cour des comptes juge que la surrémunération n’est plus justifiée.

Le poids des charges de personnel résulte également d’effectifs territoriaux supérieurs à ceux de la métropole : 35  agents pour 1 000  habitants en moyenne, contre 25 en métropole.  » Les recrutements dans le secteur public local sont volontairement utilisés comme un moyen de lutte contre le chômage au détriment des finances des collectivités « ,note la Cour. S’y ajoute un recours massif aux emplois aidés

La conséquence est que ces collectivités ne peuvent dégager une capacité d’autofinancement suffisante pour assurer des investissements pourtant indispensables pour combler les retards accumulés dans les services publics, notamment d’eau potable, d’assainissement et de gestion des déchets.  » Le redressement de cette situation très préoccupante passe d’abord par un effort de gestion de la part de l’ensemble des collectivités locales (…), qui doivent agir tant sur l’assiette et le recouvrement de leurs recettes que sur l’évolution de leurs dépenses de fonctionnement et en particulier de personnel « , conclut la Cour.

Extraits du journal Le Monde

Le cybercrime est présent à La Réunion

L’IHEDN et STOR ont organisé une conférence à l’IAE sur le cybercrime à La Réunion et les parades pour limiter ses impacts.

Depuis 5 ans, le nombre d’attaques a cru de façon exponentielle partout dans le monde. Après « l’escroquerie au président » (qui consiste à escroquer les services comptables d’une entreprise en l’absence de son dirigeant) qui a coûté plusieurs millions d’euros aux entreprises réunionnaises et les « hackings » de standards téléphoniques, notre île est envahie par les « ransomwares » où l’informatique de l’entreprise est prise en otage contre rançon.

Les pouvoirs publics sont impuissants face à ce fléau d’autant que les entreprises se font discrètes et n’ont pas l’obligation, comme aux Etats-Unis, de déclarer ce type d’escroquerie.